Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Les déboires du commissaire Z.M., ancien chouchou de Bouteflika, soldat de Zerhouni dans "la cabale des bons de caisse"(source : lematindz)

Publié par The Algerian Speaker sur 1 Avril 2011, 07:38am

Catégories : #TCHIPA (Corruption) - srika et tutti quanti

Z. Messaoud, chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger, ancien chouchou de Bouteflika, soldat de Zerhouni dans "la cabale des bons de caisse" qui devait jeter en prison Mohamed Benchicou, directeur du Matin, a été condamné ce lundi 28 mars, à 12 années de prison ferme par le juge du tribunal correctionnel d’Azazga (40 km à l’est de Tizi Ouzou), pour complicité dans l'affaire de la BNA.

Il n'est pas le premier, parmi les officiers et agents de la police de l’aéroport d’Alger qui avaient concocté le complot contre Mohamed Benchicou, à être incarcéré à son tour !  Dès 2007, en effet, des policiers de la Police des frontières avaient été arrêtés, poursuivis pour les mêmes manigances florentines qu’ils avaient utilisées contre Benchicou : falsification de procès-verbal et fabrication de faux documents ! À cette notable différence qu’il s’agissait, non pas d’empêcher une personne de quitter le pays mais de permettre à des individus interdits de sortie du territoire national de prendre l’avion ! Contre quelques milliers de dinars, le policier efface le sceau de la Direction générale de la sûreté nationale d’un document officiel, le remplace par un autre et vous détruit en moins de dix secondes le PV officiel qui vous clouait au pays ! Feu Ali Tounsi reconnaissant, ce jour-là devant la presse, avoir « découvert des voyous à la Police des frontières de l’aéroport d’Alger » !  En fait, ces policiers ripoux ont toujours falsifié, truqué ou manigancé. Les policiers étaient liés au pouvoir par un pacte tacite : en contrepartie du rôle d’exécuteurs de la tyrannie, ils bénéficiaient du droit implicite de monnayer leur activité. On a leur a toujours accordé ce privilège de pouvoir abuser, soit pour le compte d’inavouables raisons d’État soit, à des dimensions plus modestes, pour leur propre compte. Ainsi, ils ont pu impunément trafiquer des PV quand cela était nécessaire pour l’incarcération de Mohamed Benchicou ou se livrer à des petites combines avec des passeurs de drogue ou de métaux précieux.
Mais revenons à Z. Messaoud.
C'est  pour avoir "couvert" un couple d'amis de Bouteflika et emprisonné un innocent à leur place, que l'officier de police Z. Messaoud fut promu à ce prestigieux poste de chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger.
C'était un vendredi soir de l'année 2002. Jusqu'alors, Z. Messaoud était commissaire d'Hussein-Dey, un proche banlieue d'Alger. Il était chargé de l'enquête sur le vol  de la Baigneuse. Ce nom lyrique est celui d'une statue à l'origine assez controversée mais qui avait le privilège d'orner le jardin botanique d'El-Hamma, à Alger, jusqu'au soir où elle fut volée ! S'agissant tout de même d'une œuvre d'art, la police s'empara de l'affaire et l'enquête fut donc confiée au commissariat de l'arrondissement d'Hussein-Dey, dirigé par Z. Messaoud. Les recherches ne donnèrent rien jusqu'au jour où un jardinier, travaillant dans la villa d'un couple fort connu dans les milieux d'affaires à Alger, découvrit la statue dans leur jardin. Il avisa la police et le commissaire Z., très prompt, s'apprêtait à arrêter les deux célébrités de la finance  pour vol et recel quand un contre-ordre vint tempérer sa ferveur : le couple était une relation du président Bouteflika. Que faire ? Ce qu'il convient d'entreprendre dans pareil cas, c'est-à-dire innocenter les vrais receleurs et trouver un vrai-faux coupable à leur place. Le couple fut innocenté et, à sa place, le médecin vétérinaire du jardin botanique fut accusé du larcin et jeté en prison.
Le soir même, les Algériens virent à la télévision le commissaire Z. Messaoud félicité par le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni et par le directeur général de la police, « pour sa compétence dans l'affaire de la Baigneuse. » En échange de son silence, Zayane fut promu à la tête de la police judiciaire d'Alger. Le médecin vétérinaire passa six mois en prison avant d'être acquitté par le juge.
En qualité de chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger, Z. Messaoud fut instruit par Zerhouni de "monter" le dossier des "bons de caisse" afin de jeter Mohamed Benchicou en prison.
Voici les faits racontés par Benchicou dans " Les geôles d'Alger"
"A 8 heures 30 je me présente, accompagné d’une centaine d’amis et de confrères, devant le siège de la police judiciaire d’Alger où je fus accueilli par une figure qui ne m’était pas étrangère : le commissaire Messaoud Zayane en personne, l’homme qui fut au centre du fameux scandale de la Baigneuse révélé par le Matin (voir chapitre Ami Moh). A sa façon chafouine et bizarrement doucereuse de me recevoir, je compris que le personnage, qui n’avait rien oublié de nos articles, avait décidé de reléguer ses ressentiments derrière un objectif plus urgent : m’amadouer, le temps de m’arracher la signature du précieux procès-verbal. Il me servit, avec une vraie-fausse courtoisie, du café dans de belles tasses en porcelaine, me proposa une cigarette puis, l’air de rien, lança une innocente invitation :
–  On commence, Monsieur Benchicou ?
Un secrétaire avait engagé une grosse liasse de feuilles de papier blanc et de carbone dans une antique machine à écrire de marque Japy qui devait dater de la dernière guerre et n’attendait que le signal de ses supérieurs pour faire crépiter la vieille relique. J’optai pour les refroidir sans attendre :
–  Je ne répondrai à aucune question et ne signerai aucun procès-verbal, monsieur le commissaire.

Douche froide.

S’ensuivit alors une longue séance de supplications ridicules, de flagorneries pathétiques et d’étalage remarquable de roueries bien algéroises, prodigués par des flics prêts à tout pour obtenir leur document paraphé. Le temps pressait pour eux et il leur fallait « habiller » très vite le dossier d’inculpation. Le commissaire s’interrompit plusieurs fois pour informer ses supérieurs des obstacles inattendus au « bon » déroulement de l’interrogatoire. Il paraissait sérieusement ennuyé par mon refus de collaborer.

Devant le blocage de la situation, le duo Bouteflika-Zerhouni fit savoir, à sa manière, qu’il irait jusqu’au bout de son plan. A 12 heures, un communiqué officiel signé par le procureur de la république, répercuté par l’agence officielle de presse et lu par toutes les radios, préparait  l’opinion publique aux évènements à venir : « Le procureur de la République territorialement compétent, saisi le 24 août 2003, a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire et a demandé aux services de police la poursuite des investigations. » Cela signifiait que le régime de Bouteflika était déterminé à m’emprisonner le soir même. J’apprendrai quelques jours plus tard, de la bouche du ministre délégué aux Affaires pénitentiaires, Abdelkader Sallat, que la Présidence de la République avait réservé une cellule à mon intention, à la prison d’El-Harrach. Cette charmante attention allait déclencher, durant tout l’après-midi, une sévère empoignade au sein des hautes sphères dont je ne connaîtrais les détails que plusieurs semaines après. (...)  A 15 heures, le commissaire et son adjoint m’invitèrent enfin à quitter les lieux, par une porte dérobée, pour une destination inconnue. Au milieu du trajet, on m’informa qu’on partait pour une perquisition à mon domicile et à celui de ma mère. La chasse au trésor, c'est-à-dire aux originaux des bons de caisse, vitale pour la crédibilité du pouvoir, était lancée. Dans mon appartement, une dizaine de policiers s’affairèrent, pendant deux heures, à trouver une aiguille dans le tas de foin de mon désordre avant d’abdiquer : recherche infructueuse.  Chez ma mère, l’inspection buta sur l’exiguïté de l’appartement et le mépris souverain avec laquelle ma génitrice accueillit les agents de Zerhouni. « N’aie pas peur d’eux, mon fils. Ils ne t’atteindront pas », me lançait-elle à intervalles réguliers, avec ce même accent maternel serein et tranquille qui me rassurait lors des grandes angoisses de mon enfance. Son courage avait quelque chose d’impressionnant pour moi et de désarmant pour les flics. Ce moment intense m’inspirera, quelques mois plus tard, l'idée de lui dédier mon livre : « A ma mère dont le domicile a été violé par la police de Zerhouni. » 

Mais ce lundi 28 mars, Z. Messaoud, chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger, a été condamné ce lundi, à 12 années de prison ferme par le juge du tribunal correctionnel d’Azazga (40 km à l’est de Tizi Ouzou). Il était impliqué dans l’affaire de dilapidation des fonds  de la BNA de Tipasa. Notre commissaire avait notamment fabriqué des faux documents pour permettre au principal accusé, l'homme d’affaires Achour Abderahmane, d'échapper à la justice.

Z. Messaoud avait pour complice, dans cette manigance, un certain commissaire Mohamed Sbih, fils de l'actuel ambassadeur d'Algérie en France. Sbih a été sauvé de la prison par Bouteflika. Pas Z. Messaoud. Mohamed Sbih est un flic ripoux que tout destinait à la prison mais qui, grâce à la formule de Balzac et à son père ambassadeur à Paris, s’est retrouvé en Espagne, libre et, probablement, très riche. Inculpé dans une grosse affaire de détournement de deniers publics, Sbih fut placé sous contrôle judiciaire, son passeport confisqué, dans l’attente d’un procès qui promettait de lui être fatal : il était accusé rien moins que d’avoir établi un faux rapport de police disculpant un banquier prévaricateur qui avait dérobé la somme astronomique de 3 200 milliards de centimes !.   

Qui a rendu son passeport au fils de l'ambassadeur ripoux alors que l’affaire était toujours en instruction ? M. Tounsi et ses amis, bien sûr. Mais cette association de malfaiteurs est bénie par l’État à son niveau supérieur, elle échappe à la loi…
Tel est le sortilège d’une justice qui confisque des passeports pour un délit fictif de bons de caisse mais qui sait les restituer dès lors que le détournement dépasse la somme astronomique de 3000 milliards de centimes…
Car enfin, tout cela n’était-ce pas magnifique ?
C'était un récit vrai : Commissaire Z.M., ancien chouchou de Bouteflika, soldat de Zerhouni dans "la cabale des bons de caisse", ou le vrai visage du régime algérien.

Z. K.

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